Jean-Jacques

Publié le par stagiaires

Je me souviens du jour où la guerre a été déclarée en Côte d’Ivoire.
Je me souviens lorsqu’on devait fuir les atrocités.
Je me souviens des longues marches que nous dûmes effectuer pour être à l’abri.
Je me souviens de tous ces cadavres qui jonchaient les rues.
Je me souviens de toutes ces atrocités et souffrance vécues par mon peuple.
Je me souviens des douleurs ressenties lorsqu’on quitta le pays pour venir en Belgique.
Je me souviens de mon premier jour de réfugié dans ce pays froid et glacial.
Je me souviens de mon premier amour d’enfance.
Je me souviens de mon premier baiser tendre et chaleureux que je reçus.
Je me souviens de cette époque où on effectuait des promenades et des courses à vélo, des parties de baignades.
Je me souviens de mon premier bal auquel je fus invité au clair de lune.
Je me souviens de ma première scène de jalousie.
Je me souviens de TOUS ces moments de complicité et de joie.
Je me souviens de mon heureuse enfance lorsque je regarde encore les vieux albums photos. Je me souviens de ce dernier jour où nous dûmes nous séparer, car j’allais venir en Belgique.
Souvenir d’un amour d’enfance
Je me souviens comme si c’était hier, les yeux pleins d’émotions, de mon premier amour d’enfance, Marie Noël Inès, que j’ai rencontrée à l’âge de 12 ans lorsque je suis allé en vacances dans un village au Cameroun avec mon père. Et depuis lors, nous sommes devenus inséparables. C’était une charmante et gentille jeune fille et aussi son père était un des notables du Village. Ainsi tous nos après-midis, nous les passions ensemble : on se promenait, on se baignait, on effectuait des courses-poursuites dans la forêt. Je me souviens du premier baiser tendre et chaleureux que je reçus un jour lorsque je lui dis qu’elle était belle et sympathique. Elle m’invita alors à mon premier bal de clair de lune où nous avons dansé jusqu’au matin. Ce fut là le début d’une superbe histoire d’amour et de scènes de jalousie d’autres gamins du village, car tous la convoitaient, mais elle n’aimait que moi. Aussi, je me souviens de tous ces moments de complicité et de joie, de ses délicieux plats qu’elle me préparait. Mais comme les vacances tiraient à leur fin, je dus rentrer en Belgique. Elle était triste et ne faisait que pleurer. J’ai appris qu’après mon départ, elle a failli se suicider, multipliant les fugues. On la retrouva un jour endormie à l’entrée de l’ambassade de Belgique, une autre fois devant l’aéroport. Puis, des années passèrent et j’attendis de son père une bonne nouvelle, qu’elle fut mariée à un homme qui l’emmena en Europe (précisément en Belgique). J’ai appris qu’ils vivent à Ixelles, mais je ne sais pas où. Je prie Dieu pour que nos destins se croisent encore, car cette fille a beaucoup marqué mon enfance, et je l’aime toujours.
(Jean-Jacques)
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