Solange

Publié le par stagiaires

Je me souviens de mon premier chagrin d’amour lorsque j’étais adolescente.
Je me souviens de mon premier rêve quand j’étais petite.
Je me souviens de mes premiers pas de danse quand j’étais en 1ère année primaire.
Je me souviens de ma maman lorsqu’elle me prenait dans ses bras.
Je me souviens de mes premières vacances avec une amie sans mes parents quand j’étais ado.
Je me souviens de mon frère quand il jouait aux billes avec moi.
Je me souviens que quand j’avais 8 ans, je grimpais aux arbres.
Je me souviens de mon entrée en 1ère primaire quand j’ai dû porter l’uniforme pour la 1ère fois.
Je me souviens de l’automne et des marrons qui tombaient lorsque j’avais 6 ans.
Je me souviens du 1er perce-neige quand j’étais une enfant, qui annonçait la fin de l’hiver.
Je me souviens du dernier sourire de ma maman avant qu’elle ne vienne à décéder.
Je me souviens que quand j’étais adolescente, je regardais toujours les étoiles.
Je me souviens que quand j’étais une enfant, je voulais être astronome.
Je me souviens du premier jour lorsque je suis sortie avec mon ex petit ami.
Je me souviens de mes virées avec mes potes quand j’avais 22 ans.
Je me souviens d’un matin de printemps lorsque je partais vers l’école. Je revois mon cartable sur le dos, cette odeur matinale sur le chemin des cerisiers japonais en fleurs ; les trottoirs étaient envahis par ces pétales roses, les oiseaux virevoltaient dans tous les sens et il y avait de la rosée sur l’herbe. J’arrivais à la « pépinerie » qui était un raccourci pour arriver à l’école. Et là, comme toujours, rêveuse que je suis, j’avais mes pensées ailleurs. Tout à coup patatras, je tombai en glissant sur une peau de banane, ça y est mon pantalon est plein de boue. J’ai pensé un moment à ce que je devais faire. Soit je vais comme une conne comme ça en classe pour ne pas rater les cours, et puis zut je vais rentrer à la maison me changer. Là ma maman m’a accueillie, non elle ne m’a pas grondée, elle est trop douce pour me punir bêtement. Je me souviens de son regard attentionné et de son parfum, même de son maquillage. Je lui ai dit : « maman tu peux me changer ». Après, j’ai bu un chocolat chaud. Cette odeur de cacao enivrait mes sens. Tout était beau autour de moi, je sentais cet amour incommensurable dans mon petit cœur que ma maman me transmettait. Mon esprit était bien ouvert.
Je ressens encore aujourd’hui, dans mon âme, cet amour qui me donne la force d’avancer et d’affronter les aléas de la vie. Je l’entends dans ma tête me dire « je suis fière de toi ma fille ». Alors là, je vois le bout du tunnel et la lumière envahir ma vie. Je ressens dans mon cœur ce bonheur intense. Cela me permet de voir toujours positif et j’aspire de pouvoir partager ce bonheur avec les gens autour de moi. Sois bien avec toi-même et les autres t’apprécieront. Ma mère m’a imprégnée de sa pureté et de sa foi. Je me rends compte que je suis née pour donner de l’amour dans un monde où les gens eux ne donnent plus d’amour. Tout s’achète. Plus tu as de matos, plus tu es. Overdose de publicités qui te font croire en elles et en leur Dieu. On nous afflige un bonheur qui nous afflige. Heureusement dans ce monde sans pitié, il y a encore des êtres qui savent ce que c’est le mot Amour. Et cela se voit l’amour, car le regard est le miroir de l’âme, comme le soleil qui brille dans le ciel.
(Solange)
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